Je fais ma dalle en béton moi même !

Aujourd’hui, je vous parle d’une nouvelle technique pour couler une dalle en béton en étage… Et je sais de quoi je parle, je l’ai testée !

Je précise « en étage » car une dalle en rez-de-chaussée sur terre battue ne présente pas de difficulté technique particulière. Dans les grandes lignes, il suffit  d’avoir un sol à peu prés de niveau, de le ferrailler et de verser le béton en le « tirant » avec une règle de maçon, tout en vérifiant qu’il est de niveau.

Pour une dalle en étage, l’opération est plus complexe car rien en dessous ne la soutient. On ne peut donc pas couler du béton dans le vide. :mrgreen:

dalle-poutrelles-hourdisLa technique traditionnelle consiste à utiliser des poutrelles en béton ferraillées (vendues dans le commerce), de les sceller de part et d’autre dans les murs tout en respectant un espacement d’environ 50cm entre chacune d’entre elles. Ces poutrelles sont conçues de telle sorte qu’un mince rebord est présent à leur base. Ce rebord permet de déposer par la suite des hourdis (parpaings par exemple) entre les poutrelles pour remplir les vides. Une fois cette étape accomplie, il ne reste plus qu’à ferrailler par dessus et couler le béton.

 

Plusieurs inconvénients à cette technique :

  • Les matériaux sont extrêmement lourds, que ce soit pour le transport ou la manutention.
  • La pose des poutrelles doit être très rigoureuse afin que leurs espacements soient constants au risque de ne plus pouvoir retenir les hourdis (si elles sont trop éloignées) ou empêcher leur pose (si elles sont trop rapprochées).
  • Le temps de pose et donc relativement élevé, surtout pour un non professionnel.

Une autre technique révolutionnaire est le plancher métal collaborant !

Emprunté à la construction industrielle où il est largement répandu depuis plusieurs dizaines années, il est désormais disponible au grand public. Cependant, parmi toutes les grandes surfaces de bricolage que je fréquente, une seule le commercialise pour l’instant à ma connaissance, il s’agit de Brico Dépôt.

Il s’agit d’une plaque en acier galvanisée (donc antirouille), ondulée et autoportante. Ce terme à toute son importance puisqu’il signifie qu’aucun support n’est nécessaire sur toute sa longueur entre ses deux points d’appui. Elle mesure 4.15m sur 0.95m. C’est à dire qu’elle permet de franchir une longueur de 4.15m dans le vide sans appui. Au delà, il faudra deux plaques et un appui intermédiaire à leur jonction (une poutrelle en béton ou un IPN par exemple) mais cela reste très raisonnable pour franchir 8.30m dans le vide. Elle coûte 66.10€ soit un peu moins de 17€/m².

plancher-collaborant

Ce matériau est généralement utilisé lors d’une construction neuve à l’avancement. C’est à dire que les murs du rez de chaussée sont construits puis la dalle de l’étage coulée sur ces plaques qui reposent donc en appui sur le haut des murs par leurs extrémités. Ensuite on continue de monter les murs de l’étage une fois la dalle sèche.

Pour ma part, j’ai utilisé cette technique dans ma rénovation, pour remplacer un plancher en étage dans une pièce que je destine à une salle de bain. Les murs étant déjà montés (depuis 1836), il m’a donc fallu creuser une saignée dedans sur toute la périphérie de la pièce afin de pouvoir y enfoncer l’extrémité des plaques et constituer ainsi leur assise de part et d’autre. J’aurai pu tout à fait retirer les poutrelles en bois et le vieux plancher avant mais j’ai décidé de le laisser, afin de faciliter ma mobilité durant le chantier. Et puis cet appui sur toute la surface m’a servi d’étayage naturel et consolide encore un peu plus la solidité finale de l’ensemble. Mais la présence de ce plancher en bois n’était nullement nécessaire.

Ma pièce mesurant 3.85m de long par 3.5m de large, j’ai creuser des saignées de 15cm de profondeur de chaque côté dans le sens de la longueur pour obtenir un total de 4m15 (la longueur des plaques).
Pour la largeur(3.5m), il m’a donc fallu 4 plaques de 0.95m. J’ai du recouper la dernière plaque à la cisaille à main. J’ai du également la découper pour y loger le futur tuyau d’écoulement d’eau. C’est un travail laborieux et je conseille d’utiliser plutôt une disqueuse électrique. Ne disposant pas encore de l’électricité, je n’avais pas le choix.

Les plaques sont fixées entre elles, « couturées » dans le jargon technique, à l’aide d’une visseuse/devisseuse classique et de vis auto-perforantes vendues avec.  C’est facile et très rapide. Une fois cette opération réalisée, vous pouvez déjà marcher sur les plaques, ça tient tout seul !

beton

Il ne vous reste plus qu’a ferrailler par-dessus à l’aide d’un treillis soudé vendu à cette fin, de couler votre béton et de boire une bonne bière fraîche… (voir tout le pack suivant la surface de votre dalle)

Il faut compter 3 semaines pour un séchage complet. Je rappelle qu’au bout de 20 jours, un béton qui semble pourtant sec n’est qu’aux ¾ de sa résistance finale.

Pour l’anecdote (attention, on a déjà à faire à une belle anecdote), j’ai mélangé et coulé mon béton à la main (enfin avec une pelle !) et j’ai utilisé des sacs de béton prés à l’emploi. C’est plus cher mais ça facilite grandement l’opération. Pour 12m² sur 10cm d’épaisseur, il m’a fallu 6H avec l’aide de ma compagne et 40 sacs de béton de 35kg (oui, 1,4 tonnes !). C’est épuisant… Mais à tous ceux qui disent que c’est impossible, je peux désormais répondre que si ! J’en suis la preuve vivante.

Pour les irrégularités de votre dalle (nous ne possédons pas tous le savoir faire d’un vrai maçon au premier coup de truelle), pas d’inquiétude, n’oubliez pas qu’il existe des mortiers de ragréage autolissants qui vous permettront par la suite de rattraper les défauts éventuels de manière rapide, efficace et sans aucune expérience. (« ajouter l’eau, remuer, verser, laisser faire… »)

Les avantages principaux de cette technique :

Le temps de pose, la pose moins rigoureuse, la solidité finale plus importante, la facilité de manutention et de transport, le coût.

Voici trois photos « avant/après » prises chez moi durant le chantier:

plancher-collaborant-maison

dalle-beton-ragreage

Le coût total de l’opération m’est revenu à environ 600€ alors que les devis des artisans oscillaient aux alentours de 3000€

Alors lancez vous, si je l’ai fait, n’importe qui peut le faire !

 

Poids d’une dalle en béton

Suite aux nombreux commentaires que suscite cet article, il me parait utile d’apporter une précision concernant le poids d’une dalle en béton et des indications sur la solidité des supports (poutres en bois, IPN) qui doivent la soutenir.

Il est communément admis qu’un béton normal pèse environ 2 300kg/m3. Pour une dalle de 20 cm d’épaisseur coulée sur un plancher collaborant,  la charge équivaut donc environ à 460 kg/m².

A cette charge, il convient d’ajouter une charge d’exploitation (occupants, meubles etc.), qu’on évalue généralement à 150kg/m².

En fonction de ces données, le tableau excel suivant vous permettra de calculer le dimensionnement de vos solives en bois ou en acier en fonction de leur portée :

calcul-de-charge

(les valeurs sont modifiables en fonction de la configuration de chacun)


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