Les normes antisismiques de construction et le nouveau zonage sismique en France

Le séisme du Japon est un triste exemple des ravages occasionnés par ce type de catastrophe naturelle.

Même si la France est beaucoup moins touchée par les tremblements de terre, les normes de construction parasismiques évoluent en 2011 et avec elles les régions de l’hexagone concernées par les risques de tremblement de terre.

Si l’on en croit les premières images du séisme en provenance du Japon et d’après les spécialistes du bâtiment et du génie civil, les constructions semble avoir plutôt bien résisté de manière générale.

L’institut technologique FCBA (Forêt Cellulose Bois-Construction Ameublement), spécialisé dans les constructions bois, explique ce constat par la forte proportion de logements en bois au Japon. En effet, sur l’île, 50% des constructions résidentielles sont en bois. La construction en bois est encore plus développée aux Etats-Unis (90%), mais beaucoup moins en France (10%).

Pourtant, outre ces qualités écologiques et thermiques, ce matériau naturel de construction résiste beaucoup mieux aux tremblements de terre que le béton en raison de sa légèreté. L’effondrement est donc évité en cas de mouvements de terrain.

Du fait de la fréquence élevée des tremblements de terre au Japon,  les bâtiments parasismiques sont de bonne qualité. Le principal objectif d’un bâtiment construit aux normes antisismiques est de contrer les effets horizontaux engendrés par les mouvements de terrain, alors que la plupart du temps, ils subissent surtout des effets verticaux.

Au Japon, la probabilité d’un séisme important est de un tous les 25 ans, contre un tous les 475 ans en France. Mais si une telle catastrophe devait se produire chez nous, les dégâts seraient beaucoup plus importants qu’au Japon, surtout dans les zones les plus sensibles comme Nice.

A partir du 1er mai 2011 la réglementation parasismique évoluera en France. La manière de construire devra désormais répondre au exigences de conception et de dimensionnement des structures pour leur résistance aux séismes (Eurocode 8). Conception, implantation et mise en œuvre, tous les professionnels du bâtiment sont concernés.

Cette nouvelle réglementation parasismique sera applicable à tous les permis de construire déposés à partir du 1er mai 2011. A partir de cette date, l’Eurocode 8 déterminera la référence en terme de construction parasismique pour les bâtiments neufs dits à risque normal.



 

Etude géotechnique

Un nouveau zonage du territoire est défini en accord avec les principes de dimensionnement de l’Eurocode 8 et une nouvelle classification des bâtiments. La nouvelle réglementation impactera la conception des bâtiments, leur implantation et leur mise en œuvre. Par exemple pour l’implantation, la réalisation d’une étude géotechnique s’impose afin de connaître les caractéristiques du terrain.

Le bâtiment doit également pouvoir prévenir les risques d’éboulements et de glissements de terrain provoqués par un éventuel séisme. Le Plan de Prévention des Risques (PPR) sismiques de la commune apporte des informations sur ce point. Dans tous les cas, le bon sens conseille d’éviter les bords de falaise ou les pentes instables.

 

Principes de conception

Au niveau de  la conception, quatre principes doivent être appliqués:

- une préférence pour les formes simples en privilégiant les bâtiments compacts, en limitant les décrochements en plan ou en élévation et en fractionnant l’ouvrage en blocs homogènes par des joints parasismiques continus.

- une limitation des effets de torsion en distribuant les masses et les raideurs (murs, poteaux…) de manière équilibrée.

- une reprise des efforts sismiques en assurant le contreventement horizontal et vertical de la structure, en superposant les éléments de contreventement et en créant des diaphragmes rigides à tous les niveaux.

- l’application des règles de construction, un suivi plus rigoureux des chantiers et le respect des normes de qualité.

 

Contreventement

En génie civil, un contreventement est un système statique destiné à assurer la stabilité globale d’un ouvrage vis-à-vis des effets horizontaux issus des éventuelles actions sur celui-ci.

Comme le gros œuvre, les autres parties d’un bâtiment sont exposés au risque. Il s’agit des ouvrages liés à l’isolation des parois, aux cloisonnements, les planchers et les plafonds, le vitrage. Pourtant pendant longtemps, ces parties secondaires de la construction n’ont pas été prises en compte. Ce ne sera plus le cas avec la nouvelle réglementation.

 

Le nouveau plan de zonage sismique en France:

 

zonage-sismique-france


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